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Ce que certifie chaque label côté produit et côté poseur, comment vérifier un certificat, et les mentions marketing à ignorer.

NF, CEKAL, Acotherm, RGE : quels labels comptent vraiment

Sur une plaquette de fenêtres, une demi-douzaine de logos se disputent la place. Un seul est obligatoire et ne garantit presque rien ; deux sont volontaires et engagent réellement le fabricant ; un dernier ne concerne pas le produit mais l'entreprise qui pose. Voici ce que chacun certifie, et comment vérifier en dix minutes qu'une mention affichée sur un devis existe vraiment.

Le marquage CE : obligatoire, mais ce n'est pas une certification

Le marquage CE est obligatoire pour toute fenêtre commercialisée dans l'Union européenne depuis le 1ᵉʳ février 2010, au titre de la norme harmonisée NF EN 14351-1 (fenêtres, portes-fenêtres, fenêtres de toit et blocs-portes extérieurs pour piétons). Le CSTB le formule sans détour : ce n'est « pas une certification mais un passeport européen obligatoire et réglementaire, permettant aux produits qui en sont revêtus de circuler librement dans tout l'Espace économique européen ».

Ce qu'il apporte quand même : il oblige le fabricant à établir une déclaration de performances (DoP) dans laquelle il déclare sous sa responsabilité les valeurs du produit — classement AEV, thermique, acoustique, transmission énergétique et lumineuse, résistance des dispositifs de sécurité. Ces valeurs sont auto-déclarées, non vérifiées par un tiers. Demandez systématiquement la DoP : c'est le seul document opposable si le produit livré ne tient pas les performances du devis.

NF et QB : la certification produit du CSTB

La marque NF (référence NF220 pour les fenêtres et blocs-baies, certifiée par le CSTB) est volontaire. Elle couvre, selon le CSTB, les fenêtres en PVC et les fenêtres en aluminium à rupture de pont thermique ; les fenêtres de toit relèvent de la marque QB. Les menuiseries bois disposent de leurs propres certifications de filière.

Ce que la certification impose, et que le marquage CE n'impose pas :

  • des essais en laboratoire tiers accrédité et des contrôles réguliers en usine ;
  • des seuils planchers à franchir. Pour être certifiée, une fenêtre doit atteindre au minimum A*2 E*5B V*A2 (ou A*2 E*8A V*A2 en fenêtre de toit), effort de manœuvre classe 1, résistance à la torsion et au contreventement classe 2, endurance à l'ouverture/fermeture classe 2 — plus le classement Acotherm Ac1 Th6 ;
  • des essais de durabilité sévères : 10 000 à 20 000 cycles d'ouverture/fermeture (environ vingt ans d'usage quotidien) et des rafales reproduites à 30, 110, 160 et 190 km/h.

L'étiquette collée sur le dormant se lit ainsi : code de l'usine, code du Document Technique d'Application, classement A*E*V*, code éventuel de sécurité aux chutes ou de résistance à l'effraction, classements Ac et Th, code annuel d'impression. Un exemple réel du CSTB : NF220 — A*3 E*6B V*A2 — AC1 Th11.

Le poids réel de la marque NF sur le marché

En 2023, l'étude UFME recense 4,3 millions de châssis PVC, 966 000 châssis aluminium à rupture de pont thermique et 129 000 châssis bois ou bois-alu certifiés NF, sur un marché total de 10,3 millions. Un peu plus de la moitié du marché seulement. L'absence de NF n'est donc pas une anomalie — mais elle vous prive de toute vérification indépendante, et elle est très fréquente sur les offres importées ou vendues en démarchage.

Acotherm : la traduction thermique et acoustique

Certification CSTB, associée aux marques NF ou CSTBat. Elle exprime deux classes :

  • Th6 à Th17 — la performance thermique, dérivée du Uw de la fenêtre. Plus le chiffre est haut, mieux elle isole. Th11 correspond à un Uw d'environ 1,3-1,4 W/m².K, c'est-à-dire le standard du marché français.
  • Ac1 à Ac4 — l'affaiblissement acoustique, fondé sur le RA,tr. Ac1 est le plancher de certification, Ac4 le haut de gamme.

L'intérêt pratique : la classe est vérifiée par un tiers, contrairement aux décibels annoncés dans une brochure. Voir Uw, Sw, TLw : lire une fiche fenêtre.

CEKAL : la certification du vitrage, et sa garantie de 10 ans

CEKAL est une association créée en 1989 qui délivre des certificats aux fabricants de vitrages isolants, feuilletés et trempés, sur la base d'essais et de contrôles menés dans leurs centres de production. Elle couvre l'étanchéité du joint périphérique, la performance thermique (classes TR, thermique renforcé, dérivées du Ug), la performance acoustique (classes AR) et la sécurité.

Le point qui vous concerne directement : les fabricants certifiés CEKAL assortissent usuellement leurs vitrages isolants d'une garantie de 10 ans, portée par le fabricant et non par l'organisme. C'est elle qui joue lorsque de la buée apparaît entre les vitres — signe que le joint périphérique a lâché et que le vitrage est mort (voir Condensation sur les fenêtres). Sa durée et ses exclusions figurant dans les conditions du fabricant, faites-vous remettre le certificat et les conditions de garantie à la commande, pas au moment du sinistre.

La classe TR ne remplace pas la valeur

Le référentiel CEKAL a évolué au fil des années et le nombre de classes TR a changé. Ne vous contentez donc pas d'une classe sur le devis : demandez le Ug en W/m².K et le numéro de certificat du fabricant de vitrage, vérifiables sur cekal.com, qui publie la liste des fabricants certifiés par type de vitrage.

Côté poseur : RGE, et rien d'autre ne le remplace

RGE (Reconnu Garant de l'Environnement) n'est pas un label produit : c'est une mention attachée à une qualification professionnelle. Pour les fenêtres, la qualification de référence est Qualibat 3511 — Fourniture et pose de menuiseries extérieures en maison individuelle, petit collectif et petit tertiaire.

Deux vérifications, deux minutes chacune :

  1. L'annuaire des professionnels RGE de France Rénov' : on y cherche par commune et par type de travaux, et on y contrôle qu'une entreprise détient bien la mention.
  2. Le certificat Qualibat lui-même : il porte un numéro, une date de validité et la liste exacte des qualifications. Une entreprise RGE pour l'isolation des combles n'est pas RGE pour les menuiseries.

Ce que le RGE conditionne encore en 2026

Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 retire l'isolation des parois vitrées du parcours par geste de MaPrimeRénov' pour les demandes déposées à compter du 1ᵉʳ septembre 2026 — l'UFME l'a confirmé pour le changement de fenêtres. Le recours à un poseur RGE reste néanmoins requis pour les CEE (fiche BAR-EN-104) et pour le parcours accompagné / rénovation d'ampleur. Faites le point à jour dans Aides 2026 pour changer ses fenêtres avant de signer, et sachez qu'une pose faite par vous-même ferme ces dispositifs : c'est le calcul détaillé dans Poser une fenêtre soi-même.

Récapitulatif : qui certifie quoi

SigneNaturePortéeObligatoire ?
Marquage CE (NF EN 14351-1)Déclaration du fabricantPerformances auto-déclarées via la DoPOui, depuis le 1ᵉʳ février 2010
NF / NF220 (CSTB)Certification produit par tiersFenêtres PVC et alu à rupture de pont thermique : AEV, manœuvre, endurance, durabilitéNon
QB (CSTB)Certification produit par tiersFenêtres de toitNon
Acotherm (CSTB)Certification associée à NF/CSTBatClasses Th6-Th17 (Uw) et Ac1-Ac4 (RA,tr)Non
CEKALCertification produit par tiersVitrage isolant, feuilleté, trempé — dont la garantie 10 ansNon
RGE (Qualibat 3511…)Qualification d'entrepriseLe poseur, pas le produitNon, mais exigé pour les aides
DécennaleAssurance obligatoireL'ouvrage posé, 10 ansOui, pour l'entreprise

Les garanties légales, indépendantes de tout label

Elles courent à compter de la réception des travaux :

  • Garantie de parfait achèvement — 1 an (article 1792-6 du Code civil) : l'entreprise reprend tous les désordres signalés à la réception ou dans l'année.
  • Garantie de bon fonctionnement — 2 ans (article 1792-3) : les éléments d'équipement dissociables, dont la quincaillerie.
  • Garantie décennale — 10 ans (article 1792) : les désordres compromettant la solidité ou rendant l'ouvrage impropre à sa destination. Une fenêtre qui prend l'eau relève typiquement de ce champ.

Exigez l'attestation d'assurance décennale en cours de validité avant la signature, avec la mention de l'activité « menuiseries extérieures ». Sans elle, à la revente, l'absence de garantie se retourne contre vous.

Les mentions qui ne valent rien

  • « Agréé État », « partenaire officiel de la rénovation énergétique » : ces qualités n'existent pas.
  • « Certifié RGE » : le RGE est une mention accordée à une entreprise via une qualification, pas une certification de fenêtre. Une fenêtre n'est jamais RGE.
  • Logos maison ressemblant à NF ou CE : comparez au logo officiel et exigez le numéro de certificat.
  • « Conforme aux normes » sans numéro : demandez lequel. NF EN 14351-1 (marquage CE) est une obligation, pas un argument.
  • Un Ug mis en avant à la place du Uw : voir PVC, alu ou bois.
Les 6 pièces à réunir avant de signerPense-bête

1. La déclaration de performances (DoP) du produit exact proposé — pas de la gamme.

2. Le certificat produit : marque NF (ou QB pour une fenêtre de toit) avec son numéro, et le classement Acotherm Ac/Th.

3. Le certificat CEKAL du vitrage, avec le nom du fabricant de vitrage et le Ug — c'est lui qui porte la garantie de 10 ans sur le vitrage isolant.

4. Le certificat de qualification RGE du poseur, à jour, portant la qualification menuiseries extérieures (Qualibat 3511 ou équivalent).

5. L'attestation d'assurance décennale en cours de validité, mentionnant l'activité menuiseries extérieures.

6. Le devis détaillé avec Uw, Sw, classement AEV et composition de vitrage par fenêtre.

Si l'entreprise refuse ou tarde à fournir les points 4 et 5, arrêtez là. Ces documents existent en trois clics chez un professionnel installé — leur absence est le signal d'alerte le plus fiable, davantage que le prix.

Un poseur qualifié, vérifiable avant le devis

La certification du produit ne protège de rien si la pose est bâclée : c'est elle qui décide de l'étanchéité et de la durée de vie de l'ouvrage. Choisissez un menuisier dont vous pouvez contrôler la qualification et l'assurance décennale avant de le faire venir.

Trouver un menuisier près de chez vous

Checklist de vérification express

  • DoP du produit demandée et reçue
  • Numéro de certificat NF ou QB relevé et cohérent avec le produit
  • Classement Acotherm Ac et Th indiqué sur le devis
  • Certificat CEKAL du vitrage et Ug confirmés
  • Mention RGE contrôlée dans l'annuaire France Rénov'
  • Qualification exacte lue sur le certificat (menuiseries extérieures, pas « isolation »)
  • Attestation décennale à jour, activité correspondante
  • Aucune mention fantaisiste type « agréé État » sur la documentation
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