Faire passer électricité, eau et une porte coulissante à galandage dans une cloison sèche : anticiper avant de fermer les plaques.
Réservations : ce qu’on glisse dans une cloison avant de la fermer
Une cloison placo a une fenêtre de tir très courte. Tant qu’une seule face est posée, on accède au cœur de l’ouvrage : on y passe l’électricité, on y loge des tuyaux, on y intègre une porte coulissante. Une fois la deuxième peau vissée, tout ça devient inaccessible — ou se règle au marteau et au burin. D’où une règle absolue : on anticipe les réservations avant de fermer. Ce guide liste ce qui doit passer, et comment.
Pour la pose de la cloison elle-même, voir monter une cloison en placo. On part ici du moment où la première peau est en place et le cœur encore ouvert.
L’électricité : gaines, fourreaux, boîtiers
Les montants métalliques sont percés d’usine : des ouvertures pré-découpées, alignées en hauteur, par lesquelles on passe les gaines ICTA horizontalement d’un montant à l’autre. On en profite, plutôt que de percer soi-même au risque d’affaiblir le profilé. Les gaines circulent ainsi librement dans la cloison, et descendent vers les boîtiers.
Le boîtier d’encastrement pour placo (à griffes ou à vis) se clipse dans une découpe à la scie-cloche. Trois points de vigilance :
- La profondeur. Le boîtier ne doit pas buter contre le montant ni dépasser de la deuxième peau. On le pose entre deux montants, jamais à cheval sur l’acier.
- L’étanchéité à l’air. Un boîtier non étanche est une fuite d’air — donc une perte thermique et un pont phonique. On utilise des boîtiers à membrane (BBC) ou on traite la jonction, surtout sur un mur donnant sur l’extérieur ou entre deux logements.
- Le décalage phonique. Deux boîtiers posés dos à dos de part et d’autre de la cloison créent un trou acoustique. On les décale d’au moins un demi-espacement.
La plomberie : épaisseur, accès, matériau
Faire passer de l’eau dans une cloison sèche, c’est possible — à condition que la cloison soit assez épaisse pour loger les tuyaux sans les écraser. Une 72/48 standard est souvent trop juste : on monte alors sur des montants plus larges (70, 90 mm) ou on prévoit une cloison technique dédiée derrière le sanitaire.
Quelques principes :
- Le matériau. Le PER (ou le multicouche) se plie sans raccord et passe bien dans une ossature. On limite au maximum les raccords noyés dans la cloison — un raccord caché qui fuit, c’est la plaque à ouvrir.
- La trappe d’accès. Tout point susceptible d’une intervention (raccord, robinet d’arrêt, collecteur) doit rester accessible par une trappe de visite. Noyer un raccord pour ne jamais y revenir, c’est se condamner à casser le placo le jour de la fuite.
- Le découplage des bruits d’eau. Une canalisation qui touche directement l’ossature transmet le bruit d’écoulement dans toute la cloison. On la maintient avec des colliers isophoniques.
Jamais de raccord borgne noyé dans la cloison
La pire idée en plomberie encastrée : enterrer un raccord mécanique dans une cloison qu’on referme définitivement. Le jour où il suinte, on ne le voit pas — l’eau migre, la plaque pourrit, et on découvre le problème par une auréole à l’étage du dessous. Raccords accessibles, ou pas de raccord du tout sur le tronçon caché.
La porte à galandage : décider avant de monter
C’est la réservation qui ne se rattrape pas. Une porte à galandage coulisse à l’intérieur de la cloison : le vantail disparaît dans l’épaisseur du mur au lieu de balayer la pièce. Génial pour les petits espaces — mais le châssis métallique qui reçoit le rail de roulement doit être posé pendant le montage de l’ossature, pas après.
Conséquence directe sur l’épaisseur. Le caisson dans lequel glisse la porte fait environ 75 mm ; avec une plaque BA13 de chaque côté, on arrive à une cloison finie de 100 mm. C’est plus épais qu’une 72/48 classique : il faut le décider au plan, parce qu’on ne transforme pas une cloison fine en cloison à galandage une fois fermée. Les châssis existent en largeurs de passage de 600 à 1200 mm, pour des hauteurs courantes jusqu’à 2,70 m.
Le réflexe qui sauve : photographier avant de fermer
Avant de visser la deuxième peau, prenez quelques photos de l’intérieur de la cloison, gaines et tuyaux en place. Le jour où il faudra percer pour accrocher quelque chose ou comprendre un défaut, ces clichés disent exactement où passent les réseaux. C’est gratuit et ça évite la perceuse qui transperce une gaine sous tension ou un tuyau d’eau.
Ce que le devis d’un plaquiste doit préciser
- Le passage des réseaux : qui pose les gaines et les boîtiers (plaquiste, électricien), et la coordination entre lots.
- Le type de boîtiers (étanches à l’air ou non) et leur décalage acoustique.
- La gestion de la plomberie : épaisseur de cloison adaptée, trappes de visite prévues.
- La présence d’une porte à galandage et l’épaisseur de cloison correspondante (100 mm courant).
- Les renforts intégrés pendant le montage (voir fixer une charge lourde sur du placo).
Un devis qui ne dit pas qui passe les réseaux ni s’il y a une trappe d’accès prépare des malentendus entre corps de métier — et c’est toujours le client qui arbitre au mauvais moment.
Récap express
- Passer les gaines élec par les perçages d’usine ; ne jamais percer les montants soi-même.
- Poser les boîtiers entre deux montants, étanches à l’air, et les décaler dos à dos.
- En plomberie : PER, raccords accessibles par trappe, jamais de raccord borgne noyé.
- Vérifier l’épaisseur : une 72/48 est souvent trop juste pour des tuyaux.
- Décider la porte à galandage avant de monter : caisson ≈ 75 mm → cloison finie 100 mm.
- Prévoir les renforts tant que c’est ouvert — voir fixer une charge lourde sur du placo.
- Photographier l’intérieur avant de fermer : repérage des réseaux pour plus tard.