Vis TTPC 25/35/45, bande papier vs à joint, enduit en poudre vs en pâte, cornières d’angle : choisir et doser le consommable.
Vis, bandes, enduits, cornières : le consommable qui tient (ou qui craque)
L’ossature et les plaques, on les voit. Le consommable, non — et c’est lui qui décide si la cloison tient dix ans sans une fissure, ou si la bande se décolle au premier hiver. Une mauvaise vis qui ne mord pas l’acier, une bande papier posée sans enduit dessous, un enduit en pâte là où il fallait du poudre : autant de petits choix invisibles qui se rattrapent mal une fois la peinture passée.
Ce guide fait le tri dans la quincaillerie du plaquiste. Quelle vis pour quel support, quelle bande pour quel joint, enduit en poudre ou en pâte, quelle cornière d’angle, et la colle MAP pour le doublage. Pour chaque famille, l’usage juste — pas le catalogue.
La visserie : la bonne vis pour le bon support
Une vis à plaque a une tête trompette (TTPC : tête trompette à filetage partiel ou complet) qui fraise le carton sans le déchirer, et un filetage qui mord vite. Mais tout dépend de ce qu’il y a derrière la plaque.
- Vis pour ossature métallique : pointe foreuse ou pointe fine perçante, filetage adapté à la tôle. C’est le cas le plus courant — plaque vissée sur des montants acier.
- Vis pour ossature bois : pointe classique, filetage plus grossier qui accroche le bois (tasseaux, solivage).
Le diamètre tourne autour de Ø 3,5 mm. La longueur dépend de l’épaisseur à traverser :
| Vis | Pour | Usage type |
|---|---|---|
| TTPC 25 mm | Une plaque BA13 (12,5 mm) sur ossature | Cloison et doublage simple peau — le standard |
| TTPC 35 mm | Double peau, ou plaque plus épaisse (BA18) | Renfort, plafond, parement double |
| TTPC 45 mm | Triple peau, gros parements | Cloisons techniques, fortes épaisseurs |
La règle de pose ne change pas : une vis tous les 30 cm sur les montants, resserrée à 25 cm en périphérie des plaques, à environ 1 cm du bord, enfoncée juste assez pour fraiser le carton. Trop enfoncée, elle traverse le carton et ne tient plus rien.
Pointe foreuse ≠ pointe bois
Visser une plaque sur de l’acier avec une vis à bois, c’est s’épuiser et baver le carton ; visser sur un tasseau avec une autoperceuse fine, c’est une vis qui patine. On choisit la vis selon le support, pas selon ce qui reste dans la boîte.
Les bandes à joint : papier, fibre ou adhésive
La bande, c’est l’armature du joint entre deux plaques. Sans elle, le joint fissure au premier mouvement du bâtiment. Trois familles, trois logiques.
- Bande papier (calicot papier) : la référence du joint plat entre deux bords amincis. Elle se noie dans une première couche d’enduit : on tire l’enduit, on maroufle la bande dedans, on chasse l’excédent. Très résistante à la fissuration, peu épaisse, c’est le choix de finition propre. Petit défaut : il faut savoir la maroufler sans la plisser ni piéger de bulles.
- Bande grille fibre de verre (autoadhésive) : maille collante qu’on applique directement sur le joint sec, puis qu’on recouvre d’enduit. Rapide, pas de marouflage. Pratique pour les réparations et les petits raccords. Mais elle se prête mal aux angles, et sur un joint plein format elle est jugée moins résistante à la fissuration qu’une bonne bande papier bien noyée.
- Bande à joint armée (papier + bandes métalliques) : pour les angles saillants. Le papier porte deux fines lamelles d’acier ou d’alu qui font une arête droite et résistante aux chocs. C’est ce qui protège un angle de mur des coups d’aspirateur et des passages.
Papier pour les joints plats, armé pour les angles
En joint plat courant, la bande papier noyée à l’enduit reste la valeur sûre côté tenue. La grille fibre dépanne et va vite sur un raccord. Pour un angle saillant, on passe sur une bande armée (papier + métal) ou une cornière.
Les enduits : poudre ou pâte, joint ou finition
Deux axes à ne pas confondre : la forme (poudre à gâcher vs pâte prête à l’emploi) et la fonction (enduit de jointoiement vs enduit de finition).
En poudre (à gâcher)
- Se mélange à l’eau au moment de l’emploi, prend par prise chimique (comme le plâtre), durcit vite.
- Des versions existent selon le temps de prise (lecture du sac : un nombre, souvent en minutes, qui indique le temps de travail avant durcissement).
- Idéal pour noyer la bande et charger : ça prend vite, on peut enchaîner les passes dans la journée. Se ponce un peu plus durement.
En pâte (prête à l’emploi)
- Sèche à l’air (par évaporation), donc plus lente, mais on ouvre le seau et on travaille.
- Reste crémeuse, se lisse et se ponce facilement : c’est l’enduit de finition par excellence, pour la dernière passe avant peinture.
- Plus chère au kilo, et il faut respecter le séchage entre couches.
Beaucoup de chantiers combinent les deux : poudre pour la passe de garnissage qui noie la bande (prise rapide), pâte pour les passes de recouvrement et la finition lisse. Côté quantité, comptez de l’ordre de 0,3 kg d’enduit par mètre de joint pour l’ensemble des passes — c’est l’ordre de grandeur à retenir pour ne pas acheter trop court.
Joint ≠ finition, séchage à respecter
Un enduit de jointoiement charge et noie la bande ; un enduit de finition lisse. Surtout, on attend le séchage complet entre deux passes : enduire sur une couche encore humide, c’est la fissure ou le décollement programmés. La méthode complète est détaillée dans bandes et enduit : les 3 passes.
Les cornières d’angle : protéger les arêtes
Un angle saillant de cloison prend des coups toute sa vie. Sans protection, l’arête de plâtre s’épaufre. Plusieurs solutions, selon l’exposition :
- Bande armée papier + métal : la plus discrète, se noie à l’enduit comme une bande, donne une arête droite. Bon compromis pour la plupart des angles intérieurs.
- Cornière métallique (acier galvanisé ou alu) : profilé rigide cloué/agrafé ou collé à l’enduit sur l’angle, puis recouvert. Très résistante aux chocs, pour les angles de passage exposés (couloir, sortie de pièce).
- Cornière PVC (avec ou sans bande) : ne rouille pas, utile en ambiance humide. Souvent vendue avec une bande papier intégrée pour la noyer proprement.
Le choix se fait sur l’exposition au choc et l’humidité : alu ou métal pour un angle qui prend cher, PVC en pièce humide, bande armée pour le reste.
La colle MAP : pour le doublage collé
Le MAP (Mortier Adhésif pour Plaques) sert à coller une plaque directement contre un mur, en plots, sans ossature : c’est le doublage collé. On gâche la poudre, on dispose des plots de colle au mur, on présente la plaque et on la règle à la planéité au laser et à la règle.
Côté consommation, comptez de l’ordre de 2 à 3 kg de MAP par m² sur un mur sain et plan — un sac de 25 kg colle alors environ 6 à 8 plaques. Sur un vieux mur irrégulier où les plots doivent rattraper des creux, la consommation peut grimper nettement (jusqu’à doubler).
Le MAP convient au doublage collé sur support sain et sec. Dès qu’il faut une lame d’air, beaucoup d’isolant, faire passer des gaines, ou que le mur est humide ou trop irrégulier, on repasse sur une ossature. Le choix entre les deux méthodes — collé au MAP ou sur ossature — est arbitré dans doublage : collé au MAP ou sur ossature.
Une fois le consommable choisi, encore faut-il acheter les bonnes quantités : c’est l’objet de calculer ses quantités de placo. Et pour voir vis, bande et enduit en situation sur une cloison complète, monter une cloison, pas à pas déroule l’ordre des opérations.
Récap express
- Vis selon le support : pointe foreuse sur acier, pointe bois sur tasseau ; TTPC 25 pour une BA13 simple peau.
- Pose : une vis tous les 30 cm, 25 cm en rive, fraisée sans déchirer le carton.
- Bande papier pour les joints plats (tenue supérieure à la fissure), grille fibre pour aller vite, bande armée pour les angles.
- Poudre pour noyer la bande (prise rapide), pâte pour la finition lisse — séchage respecté entre passes.
- Cornière alu/métal sur angle exposé, PVC en pièce humide.
- MAP pour le doublage collé sur mur sain (~2–3 kg/m²) ; sinon, ossature.
- Repères : ~0,3 kg d’enduit / mètre de joint, vis tous les 30 cm.