Détecteur de mouvement (PIR) ou de présence : différences, angle et portée, temporisation et seuil lux, hauteur de pose, câblage et compatibilité LED.
Détecteur de mouvement et de présence : différences, pose, réglages
Détecteur de mouvement et détecteur de présence se ressemblent — un boîtier qui allume la lumière tout seul — mais ne font pas le même travail. Le détecteur de mouvement (PIR infrarouge) déclenche sur un déplacement : on entre, ça s'allume ; on s'immobilise trop longtemps, ça s'éteint. Le détecteur de présence repère les micro-mouvements (taper au clavier, tourner une page) et maintient l'allumage tant qu'il y a quelqu'un, même immobile. Choisir le mauvais des deux, c'est se retrouver dans le noir au bureau ou aux toilettes — ou, à l'inverse, payer un détecteur de présence là où un simple mouvement suffisait. Voici comment les distinguer, les régler et les poser.
Règle d'or : mouvement pour les lieux de passage (extérieur, couloir, garage, escalier, parties communes) ; présence pour les lieux où l'on reste immobile (bureau, WC, salle de bain, salle de réunion). Le réglage qui fait 90 % du résultat : la temporisation (durée d'allumage après le dernier mouvement) et le seuil de luminosité en lux (ne s'allume que s'il fait sombre).
Mouvement ou présence : la vraie différence
Les deux reposent sur la même brique : un capteur PIR (Passive InfraRed) qui « voit » la chaleur d'un corps se déplacer d'une zone à une autre de son champ. La différence tient à la finesse de détection et à la logique d'extinction.
- Détecteur de mouvement : sensible aux grands déplacements. Si plus personne ne bouge franchement, il considère la pièce vide et coupe après la temporisation. Économique, idéal là où l'on ne fait que passer.
- Détecteur de présence : optique plus dense (plus de zones, parfois capteur haute fréquence en complément), capable de capter un micro-mouvement. Il garde la lumière allumée tant qu'une activité minime persiste. Souvent doté d'une mesure de luminosité intégrée qui module l'éclairage selon l'apport de lumière du jour.
| Critère | Détecteur de mouvement (PIR) | Détecteur de présence |
|---|---|---|
| Détecte | Déplacements francs | Déplacements + micro-mouvements |
| Maintien si immobile | Non (s'éteint) | Oui |
| Usage idéal | Passage, extérieur, couloir, garage | Bureau, WC, lecture, poste de travail |
| Mesure de luminosité | Basique (seuil) | Fine, souvent en continu |
| Prix indicatif 2026 | 15 à 50 € | 40 à 120 € |
Angle de détection et portée
Deux chiffres figurent sur chaque notice : l'angle (le champ couvert, en degrés) et la portée (la distance maximale de détection, en mètres).
- Angle : un détecteur mural standard couvre souvent ≈ 110 à 180° ; un détecteur de plafond couvre 360° autour de lui. Pour un angle de mur, on oriente l'ouverture vers la zone d'arrivée.
- Portée : généralement ≈ 6 à 12 m en intérieur selon le modèle, parfois davantage en extérieur. La portée annoncée vaut pour un mouvement transversal (qui traverse le champ) ; un déplacement frontal (droit vers le capteur) est détecté plus tard et de moins loin.
Conséquence pratique : on place le détecteur pour que les gens traversent son champ plutôt que de marcher droit dessus. Et on tient compte des obstacles (cloison, meuble haut, poteau) qui créent des angles morts.
Temporisation et seuil de luminosité
Ce sont les deux molettes (ou réglages applicatifs) qui changent tout au quotidien.
- Temporisation : durée pendant laquelle la lumière reste allumée après le dernier mouvement détecté. Réglable d'environ quelques secondes à plusieurs minutes selon les modèles. Trop courte, on se retrouve dans le noir ; trop longue, on perd le bénéfice en énergie.
- Seuil de luminosité (lux) : la lumière ne s'allume que si l'éclairement ambiant est sous le seuil réglé. Position « lune » = ne s'allume que la nuit / dans le noir ; position « soleil » = s'allume quel que soit le jour. Bien réglé, le détecteur n'allume pas en plein jour près d'une fenêtre.
Ordres de grandeur utiles : un couloir confortable demande ≈ 100 lux, un poste de travail ≈ 300 à 500 lux. On règle le seuil au-dessous du niveau souhaité une fois l'éclairage artificiel allumé, sinon le détecteur peut « se voir » lui-même éclairer et osciller.
| Lieu | Type conseillé | Temporisation typique | Seuil de luminosité |
|---|---|---|---|
| Couloir / dégagement | Mouvement | court (≈ 1 à 2 min) | ne s'allume que si sombre |
| Escalier | Mouvement | court, sécurité | sombre |
| Garage / cellier | Mouvement | moyen (≈ 2 à 5 min) | sombre |
| WC / salle de bain | Présence | moyen | sombre |
| Bureau / poste de travail | Présence | long (≈ 10 à 15 min) | seuil ≈ 300-500 lux |
| Extérieur (entrée, allée) | Mouvement IP44+ | court | nuit uniquement |
Hauteur et emplacement de pose
La hauteur conditionne directement l'angle et la portée réellement obtenus.
- Détecteur mural : pose courante vers 1,10 à 2,50 m selon le modèle (suivre la notice). Plus haut = plus de portée mais moins de sensibilité au ras du sol ; plus bas = détection rapprochée mais champ réduit.
- Détecteur de plafond : centré sur la zone à couvrir, sa zone de détection est un disque dont le diamètre dépend de la hauteur sous plafond. Idéal pour un bureau ou une circulation où l'on veut du 360°.
- À éviter à proximité : sources de chaleur (radiateur, VMC soufflant, spot halogène, conduit) et mouvements parasites (branches devant une fenêtre, reflets). Le PIR réagit aux variations thermiques : une bouche d'air chaud peut provoquer des déclenchements intempestifs.
En extérieur, on oriente le détecteur de façon à couvrir le cheminement (portail vers porte) sans balayer la rue ou la voie publique, pour éviter qu'un passant n'allume la lumière toute la nuit.
Usages et indice de protection
- Intérieur sec : couloirs, dégagements, escaliers, dressings, celliers, locaux techniques — le détecteur de mouvement supprime les interrupteurs oubliés.
- Pièces où l'on reste immobile : WC, salle de bain, buanderie, bureau — détecteur de présence pour ne pas se retrouver dans le noir.
- Parties communes (cage d'escalier, hall, local poubelles, parking) : détecteur de mouvement avec temporisation courte = source d'économie majeure en collectif.
- Extérieur : impose un indice de protection adapté — au minimum IP44 sous abri, IP54/IP65 pour une exposition directe à la pluie. Un détecteur intérieur posé dehors ne tient pas l'humidité.
Câblage : il remplace l'interrupteur
Le principe : le détecteur se câble à la place de l'interrupteur, en série sur le circuit d'éclairage qu'il commande. Schéma de référence à 3 fils.
- Phase (L) en entrée du détecteur, retour lampe (L') vers le luminaire, neutre (N) souvent requis par l'électronique du détecteur pour s'auto-alimenter.
- Le neutre au point de commande n'existe pas toujours dans l'ancien : si la boîte d'encastrement ne contient pas de neutre, on choisit un détecteur sans neutre (plus rare, parfois limité en charge) ou on tire un neutre depuis la boîte de dérivation.
- La terre est raccordée si le détecteur ou le luminaire le prévoit.
Pour les schémas, les sections et le repérage des fils, voir le guide Câbler son tableau, pas à pas.
Erreurs fréquentes avec les détecteurs
- Mettre un détecteur de mouvement au bureau ou aux WC : on s'immobilise, la lumière s'éteint. Ces pièces réclament un détecteur de présence qui capte les micro-mouvements.
- Oublier le neutre : la plupart des détecteurs ont besoin du neutre au point de commande. Vérifier la boîte d'encastrement avant d'acheter, sinon prévoir un modèle sans neutre.
- Poser face à une source de chaleur : radiateur, bouche de VMC, spot halogène ou plein soleil provoquent des déclenchements intempestifs. Éloigner et réorienter.
- Seuil de luminosité mal réglé : laissé sur « soleil », le détecteur allume en plein jour ; réglé trop bas, il n'allume jamais. Régler de nuit, au-dessous du niveau voulu.
- Détecteur intérieur posé dehors : sans indice IP44 minimum, l'humidité le détériore. Choisir un modèle extérieur étanche.
- Surcharge ou LED incompatibles : dépasser la puissance admissible ou brancher des LED non compatibles cause scintillement ou lueur résiduelle lampe éteinte.
Compatibilité LED
Les LED tirent peu de courant, ce qui dérange certains détecteurs anciens conçus pour des charges incandescentes.
- Vérifier la charge minimale et maximale admise par le détecteur en W LED (souvent indiquée à part de la valeur résistive). Une charge trop faible peut empêcher la coupure nette.
- Symptômes d'incompatibilité : scintillement, lueur résiduelle quand la lampe devrait être éteinte, ou détecteur qui ne coupe pas. Préférer un détecteur annoncé compatible LED et des sources de qualité.
- Pour le choix des sources et la rénovation de l'éclairage, voir Éclairage LED en rénovation.
Économies d'énergie
L'intérêt premier d'un détecteur, au-delà du confort, c'est de ne pas éclairer pour rien. Le gain dépend du lieu : maximal là où la lumière reste souvent allumée inutilement (couloirs, garages, parties communes, sanitaires d'un local pro). L'association d'un détecteur, d'un bon seuil de luminosité (pas d'allumage en plein jour) et de sources LED cumule les économies. Dans une circulation de copropriété, le couple détecteur de mouvement + minuterie courte + LED est souvent l'un des gestes les plus rentables.
Prochaines étapes
- Refaire son installation électrique : le dossier complet — du diagnostic au raccordement.
- Câbler son tableau, pas à pas — schémas, sections et repérage des fils.
- Éclairage LED en rénovation — choisir des sources compatibles détecteur et variateur.
- Nombre de prises et points lumineux par pièce — dimensionner les circuits d'éclairage commandés.