Volumes électriques 0/1/2 de la salle de bain : quel matériel et quel indice IP installer où, TBTS, liaison équipotentielle locale et différentiel 30 mA.
Volumes électriques de la salle de bain (NF C 15-100) : ce qu'on installe où
Découper la salle de bain en volumes, c'est une chose ; savoir quel matériel poser dans chacun, c'en est une autre. Côté chantier, la NF C 15-100 §701 ne demande pas seulement de respecter des distances : elle impose un indice de protection IP minimal par volume, interdit certains appareils près de l'eau, et n'autorise les très basses tensions qu'à des conditions précises. Ce guide prend l'angle pose — quel luminaire, quelle boîte, quel câblage, quelle TBTS dans chaque zone. Pour la définition des volumes (cotes, baignoire, douche à l'italienne), reportez-vous au guide Volumes électriques salle de bain : les règles NF C 15-100 — ici, on parle exécution.
Règle d'or : plus on est près de l'eau, plus l'indice IP exigé monte et plus la tension autorisée descend. En volume 0 (intérieur de baignoire), uniquement de la TBTS 12 V et du matériel IPX7 ; en volume 1 et 2, l'IP minimal et la nature des appareils sont encadrés ; hors-volume, on retrouve des règles plus souples mais l'ensemble de la pièce reste sous différentiel 30 mA avec liaison équipotentielle locale obligatoire.
Le principe : IP qui monte, tension qui descend
La logique de la norme est continue : on protège d'autant plus que le risque de contact eau + électricité est élevé. Trois leviers se combinent par volume.
- Indice IP (protection contre l'eau) : un chiffre minimal à respecter par volume — c'est le second chiffre de l'IP (IPX*) qui compte ici, celui qui qualifie la tenue aux projections et immersions.
- Tension : la TBTS (très basse tension de sécurité, source de sécurité séparée) remplace le 230 V dans les zones les plus exposées.
- Nature de l'appareil : certains équipements (prises 16 A, certains chauffages) sont interdits dans les volumes proches de l'eau, même en IP correct.
Le tout repose sur un socle commun à toute la pièce : différentiel 30 mA sur l'ensemble des circuits et liaison équipotentielle locale reliant les masses et éléments conducteurs.
Lire un indice IP au moment de poser
L'indice IP se lit IP + deux chiffres : le premier = solides/poussières, le second = eau. En salle de bain, c'est ce second chiffre qui pilote le choix, d'où la notation IPX (X = chiffre solides non déterminant ici).
| Indice (2ᵉ chiffre) | Protection eau | Où l'envisager |
|---|---|---|
| IPX0 | Aucune | Jamais en salle de bain |
| IPX1 / IPX2 | Gouttes / gouttes inclinées | Hors-volume éloigné, plafond sec |
| IPX4 | Projections toutes directions | Volume 2 (selon projection) |
| IPX5 | Jets d'eau | Zones exposées aux jets, certaines douches |
| IPX7 | Immersion temporaire | Volume 0 |
Volume 0 : intérieur de la baignoire ou du receveur
C'est la zone la plus contrainte : l'eau y stagne. On n'y installe que du matériel conçu pour l'immersion et alimenté en très basse tension.
- Tension : TBTS 12 V (en alternatif) uniquement, source de sécurité hors volumes.
- IP minimal : IPX7 (tenue à l'immersion temporaire).
- Matériel : aucun appareil 230 V, aucune prise, pas d'interrupteur. Seuls des équipements spécifiquement prévus (par ex. certains spots immergeables TBTS) y trouvent place.
À proscrire absolument en volume 0
Tout ce qui est en 230 V, toute prise de courant, tout appareil de chauffage : exclu. Un transformateur ou driver alimentant un éclairage TBTS du volume 0 doit lui-même être placé hors des volumes et seuls les conducteurs TBTS pénètrent la zone.
Volume 1 : au-dessus de la baignoire / douche
Volume situé verticalement au-dessus du receveur, jusqu'à une hauteur définie par la norme. On y tolère davantage qu'en volume 0, mais le 230 V « grand public » reste écarté.
- Tension : privilégier la TBTS ; le 230 V n'est admis que pour des appareils spécifiquement autorisés (par ex. certains chauffe-eau / chauffe-eau instantanés conçus pour ce volume) et protégés.
- IP minimal : de l'ordre de IPX4, voire IPX5 si la zone subit des jets (douchette, nettoyage au jet).
- Matériel : pas de prise 16 A, pas d'interrupteur en 230 V. Luminaires et appareils admis doivent être de classe adaptée et alimentés en conséquence.
Volume 2 : la bande autour de la baignoire / douche
Bande périphérique qui prolonge le volume 1 latéralement (largeur définie par la norme) et monte jusqu'à une hauteur donnée. Les contraintes s'assouplissent.
- Tension : 230 V admis pour les appareils prévus, TBTS recommandée pour l'éclairage proche de l'eau.
- IP minimal : IPX4 (projections) — IPX5 si exposition aux jets.
- Matériel : prise rasoir alimentée par transformateur de séparation (TBTS isolée) tolérée ; luminaires IPX4 mini ; appareils de chauffage de classe II orientés pour ne pas projeter d'air chaud sur les personnes dans la baignoire.
Le cas de la prise rasoir
C'est l'exception bien connue : une prise rasoir dédiée, alimentée par un transformateur de séparation intégré (sortie isolée, faible puissance), est admise au plus près des volumes alors qu'une prise 16 A classique y est interdite. Elle ne remplace pas une prise de service : son usage est limité au rasoir / brosse à dents.
Tableau de pose — matériel autorisé par volume
Synthèse côté exécution. Les cotes exactes (hauteurs, largeurs) figurent dans le guide des règles par volume.
| Volume | IP mini (eau) | Tension | Matériel admis | Interdit |
|---|---|---|---|---|
| 0 | IPX7 | TBTS 12 V | Éclairage immergeable TBTS dédié | Prise, 230 V, interrupteur, chauffage |
| 1 | IPX4 (IPX5 si jets) | TBTS ; 230 V appareils autorisés | Chauffe-eau prévu, luminaire adapté | Prise 16 A, interrupteur 230 V |
| 2 | IPX4 (IPX5 si jets) | 230 V appareils ; TBTS conseillée | Luminaire IPX4, prise rasoir (transfo séparation), chauffage classe II | Prise 16 A standard près de l'eau |
| Hors-volume | Selon exposition | 230 V | Prises 16 A, interrupteurs, sèche-serviettes, VMC | — |
Hors-volume : le reste de la pièce
Au-delà du volume 2, on revient à des règles proches d'une pièce humide ordinaire — mais toujours sous différentiel 30 mA et dans le périmètre de la liaison équipotentielle locale.
- Prises 16 A et interrupteurs 230 V admis, en respectant une distance raisonnable des points d'eau (lavabo notamment).
- Sèche-serviettes (classe II de préférence), VMC, éclairage sur circuits dédiés et protégés.
- Choix de l'IP selon l'exposition réelle : un plafond sec ne demande pas le même indice qu'une paroi proche de la douche.
Liaison équipotentielle locale : le réflexe non négociable
Indépendamment des volumes, toute salle de bain exige une liaison équipotentielle locale (LES) : elle relie entre elles les masses (appareils classe I) et les éléments conducteurs (canalisations métalliques eau, chauffage, vidange métallique, huisseries métalliques accessibles) pour annuler toute différence de potentiel dangereuse. Elle se raccorde au réseau de terre et ne se confond pas avec la liaison équipotentielle principale du logement — voir Liaison équipotentielle principale.
- Conducteur : section adaptée (vert/jaune), serrage sur bornes prévues, continuité vérifiée.
- À relier : tuyauteries métalliques, corps de baignoire métallique, radiateur, et masses des appareils.
- Sans LES : motif de refus quasi systématique au contrôle (voir Consuel : attestation de conformité).
Erreurs de pose fréquentes en salle de bain
- Poser une prise 16 A trop près de la douche : interdite en volume 1 et 2 près de l'eau. Seule la prise rasoir sur transformateur de séparation est tolérée à proximité.
- Sous-dimensionner l'IP : un spot IPX2 au-dessus de la douche alors qu'il faut IPX4 mini (voire IPX5 si jets) = non-conformité et risque réel.
- Mettre le transformateur TBTS dans un volume : la source de sécurité d'un éclairage 12 V doit être hors volumes ; seuls les conducteurs TBTS entrent en volume 0/1.
- Oublier la liaison équipotentielle locale : relier toutes les masses et canalisations métalliques est obligatoire — son absence bloque le contrôle.
- Croire que le différentiel dispense des volumes : le différentiel 30 mA est obligatoire en plus des règles de volume, jamais à la place. Voir Différentiels 30 mA : types AC, A, F, Hi, B.
- Confondre 1ᵉʳ et 2ᵉ chiffre de l'IP : en salle de bain, c'est le 2ᵉ chiffre (eau) qui pilote le choix du matériel.
Ce que le devis et la pose doivent garantir
- Le bon IP par appareil et par emplacement, justifié au regard du volume.
- L'emplacement des prises (16 A hors-volume, rasoir sur transfo de séparation).
- La TBTS correctement sourcée (transformateur hors volumes) pour l'éclairage proche de l'eau.
- La liaison équipotentielle locale réalisée et sa continuité mesurée.
- L'intégration au tableau sous différentiel 30 mA — voir Câbler son tableau, pas à pas.
Une salle de bain « finie » mais avec un IP insuffisant ou une équipotentielle manquante est une non-conformité qui se paie au contrôle Consuel — autant la verrouiller dès la pose.
Prochaines étapes
- Volumes électriques salle de bain : les règles NF C 15-100 — cotes, baignoire, douche à l'italienne : la définition des volumes.
- Liaison équipotentielle principale — à ne pas confondre avec la liaison locale de la salle de bain.
- Différentiels 30 mA : types AC, A, F, Hi, B — la protection 30 mA obligatoire sur toute la pièce.
- NF C 15-100 : norme installation électrique habitat — le référentiel complet dont relèvent les volumes.
SHORTTITLE: Volumes SDB | DESC: Matériel, indice IP et TBTS par volume électrique de salle de bain selon la NF C 15-100 : ce qu'on installe où, côté pose.