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Refaire son installation électrique

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Va-et-vient (2 points, 2 navettes), permutateur à 3 points ou télérupteur à boutons poussoirs : schémas, comparatif et sections en 1,5 mm².

Va-et-vient et télérupteur : schémas et quand choisir l’un ou l’autre

Commander un même point lumineux depuis deux entrées, le bas et le haut d’un escalier, ou les deux côtés d’un long couloir est l’un des montages les plus courants en rénovation. Tant qu’il y a deux points de commande, le va-et-vient suffit. Dès qu’il en faut trois ou plus, on bascule vers le télérupteur — commandé par boutons poussoirs — qui simplifie radicalement le câblage et le tableau. Choisir le mauvais montage, c’est tirer des kilomètres de fil inutiles ou se retrouver coincé quand on veut ajouter un troisième interrupteur. Voici les schémas, le comparatif et les règles de section pour trancher.

Règle d’or : 1 ou 2 points de commande → va-et-vient (2 interrupteurs, principe des 2 navettes) ; 3 points → permutateur intercalé ; au-delà de 3, ou pour anticiper l’évolutif → télérupteur piloté par boutons poussoirs. Dans tous les cas, circuit éclairage en 1,5 mm² protégé par un disjoncteur 10 A (16 A maximum).

Le va-et-vient : commander depuis deux endroits

Le va-et-vient permet d’allumer et d’éteindre un même point lumineux depuis deux interrupteurs indépendants. Chaque interrupteur n’a plus une position « marche » et une position « arrêt » fixes : il bascule simplement le contact d’une navette vers l’autre. L’état de la lampe dépend alors de la combinaison des deux interrupteurs — peu importe lequel on actionne, on inverse l’état courant.

Principe des deux navettes

Un interrupteur va-et-vient possède 3 bornes : une borne commune (L) et deux bornes de navette (1 et 2). Le câblage relie :

  • l’arrivée phase sur le commun du premier interrupteur ;
  • les deux navettes entre les deux interrupteurs (les fils « va » et « vient ») ;
  • le commun du second interrupteur vers le point lumineux ;
  • le neutre et la terre vont directement à la lampe.

On parle de câblage 3 conducteurs + terre entre les deux boîtes : phase d’arrivée, puis 2 navettes, le retour lampe et le neutre se répartissant selon le sens de pose. En pratique, le tronçon entre les deux interrupteurs transporte les 2 navettes ; selon le schéma, on tire un câble 3G1,5 (3 conducteurs + terre) ou 4G1,5 quand on fait aussi transiter neutre et terre pour une future commande.

Quand le va-et-vient suffit

Le va-et-vient est la solution la plus simple et la moins chère dès qu’il n’y a que deux entrées : chambre (porte + chevet), couloir court, pièce traversante, palier à deux accès. Pas de matériel au tableau, deux mécanismes standard, un câblage maîtrisé par tout électricien. Sa limite est structurelle : on ne peut pas ajouter un troisième point sans changer de logique de montage.

Trois points de commande : le permutateur

Pour passer à trois interrupteurs (par exemple un grand séjour avec trois accès), on n’ajoute pas un troisième va-et-vient : on intercale un permutateur (aussi appelé inverseur) entre les deux interrupteurs va-et-vient existants. Le permutateur possède 4 bornes : il reçoit les deux navettes d’un côté, les renvoie croisées ou directes de l’autre, ce qui ajoute un point de commande sans toucher aux extrémités.

Nombre de commandesMontage interrupteursCâblage entre points
2 points2 va-et-vient2 navettes (3G1,5)
3 points2 va-et-vient + 1 permutateur au milieu2 navettes traversantes
4 points et +déconseillé en permutateurpasser au télérupteur

Au-delà de 3 points, l’empilement de permutateurs devient un cauchemar de câblage (chaque ajout fait transiter les 2 navettes par tous les boîtiers) et la moindre panne est difficile à localiser. C’est le seuil où le télérupteur devient pertinent.

Le télérupteur : au-delà de trois points

Le télérupteur est un relais à bobine et contact : une impulsion sur sa bobine fait changer d’état son contact de puissance (ouvert → fermé, puis fermé → ouvert à l’impulsion suivante). Il est piloté non plus par des interrupteurs, mais par des boutons poussoirs câblés en parallèle : appuyer sur n’importe lequel envoie la même impulsion et bascule la lampe. On peut en mettre autant qu’on veut sans complexifier le montage.

Bobine, contact et état de repos

  • Bobine de commande : alimentée par une impulsion via les boutons poussoirs (souvent en 230 V, parfois en très basse tension selon le modèle).
  • Contact de puissance : commute le circuit lampe ; au repos, télérupteur ouvert, lampe éteinte.
  • Boutons poussoirs en parallèle : tous reliés au même fil de commande ; chaque appui = 1 impulsion = 1 changement d’état.
  • Après une coupure de courant, le télérupteur reste dans l’état où il était (ou revient au repos selon le modèle) — point à connaître pour les circuits sensibles.

Schéma de principe

L’arrivée phase alimente d’une part le contact de puissance (qui ressort vers la lampe), d’autre part la bobine via le fil de commande qui circule par tous les boutons poussoirs montés en parallèle. Le neutre ferme à la fois la bobine et la lampe. Avantage décisif : ajouter une commande revient à brancher un poussoir de plus en parallèle sur le fil de commande, sans retoucher la puissance.

Modulaire (tableau) ou encastré

CritèreTélérupteur modulaire (tableau)Télérupteur encastré (boîte)
Emplacementrail DIN du tableau, 1 moduledans une boîte d’encastrement
Lisibilité / maintenancecentralisée, repérable, durabledispersée, plus difficile à retrouver
Usage conseilléinstallation neuve, rénovation complèteajout ponctuel sur installation existante
Prix indicatif 2026environ 20 à 45 €environ 25 à 50 €

En rénovation de tableau, on privilégie le modulaire : il se loge sur le rail, se repère sur le schéma et se remplace en quelques minutes. L’encastré se justifie surtout pour ajouter une commande sans ouvrir le tableau. Boutons poussoirs : comptez environ 8 à 20 € pièce selon la gamme.

Minuterie et détecteur : les variantes

Deux variantes proches du télérupteur répondent à des besoins d’extinction automatique.

  • Minuterie : idéale pour les cages d’escalier et parties communes. Une impulsion allume, puis l’éclairage s’éteint seul après une temporisation réglable (souvent 1 à 7 minutes). Évite les oublis de lumière. Préférer une minuterie à préavis d’extinction (clignotement) dans les communs.
  • Détecteur de présence / mouvement : allume automatiquement au passage et éteint après absence, sans aucune action. Parfait pour dégagements, garages, locaux techniques, extérieurs. Le détecteur infrarouge repère la chaleur en mouvement ; bien régler la temporisation et la luminosité de déclenchement pour éviter les allumages intempestifs en plein jour.

Ces dispositifs n’ont d’intérêt qu’avec un éclairage compatible : les sources LED modernes s’allument instantanément et supportent bien les cycles fréquents — voir Éclairage LED en rénovation.

Comparatif : va-et-vient, permutateur, télérupteur

CritèreVa-et-vientPermutateurTélérupteur
Points de commande23illimité (poussoirs)
Type de commandeinterrupteursinterrupteursboutons poussoirs
Câblagesimple, 2 navettesnavettes traversantesfil de commande en parallèle
Évolutifnondifficile au-delà de 3oui, très simple
Matériel au tableauaucunaucun1 module (ou encastré)
Coût globalle plus basmodérémodéré, rentable dès 3-4 points

Lecture rapide : 2 points → va-et-vient sans hésiter ; 3 points → permutateur si l’installation est déjà en va-et-vient ; 4 points et plus, ou besoin d’évolutivité → télérupteur. Pour un projet d’automatisation plus poussé (scénarios, smartphone), c’est la domotique qui prend le relais — voir Domotique KNX, Zigbee, Matter.

Sections de câble et protection

Quel que soit le montage, le circuit éclairage obéit aux mêmes règles côté section et disjoncteur.

ÉlémentRepère habitat
Section éclairage1,5 mm²
Disjoncteur dédié10 A (16 A maximum)
Points lumineux par circuit8 maximum par circuit (repère NF C 15-100)
Navettes va-et-vientmêmes 1,5 mm² que le circuit

Le disjoncteur 10 A est le standard pour un circuit d’éclairage en 1,5 mm² ; le 16 A reste la limite haute admissible sur cette section. On ne descend jamais sous 1,5 mm² en éclairage fixe. Le détail des correspondances figure dans Sections de câbles électriques et Disjoncteurs et calibres.

Erreurs fréquentes va-et-vient et télérupteur

  1. Vouloir un 3ᵉ va-et-vient : on n’ajoute pas un troisième interrupteur va-et-vient, on intercale un permutateur entre les deux existants — ou on passe au télérupteur.
  2. Confondre navette et phase : brancher la phase sur une borne de navette au lieu du commun (L) = montage qui ne fonctionne pas ou allumage incohérent. Repérer le commun de chaque interrupteur.
  3. Section trop faible : descendre sous 1,5 mm² en éclairage = non-conforme ; le disjoncteur doit rester en 10 A (16 A maximum), jamais 20 A sur un circuit lumière.
  4. Télérupteur sans neutre à la bobine : oublier le retour neutre de la bobine = la commande ne bascule pas. Vérifier l’alimentation complète bobine et contact.
  5. Boutons poussoirs câblés comme des interrupteurs : un télérupteur se commande par poussoirs (contact fugitif), pas par interrupteurs à position stable, sous peine de bobine maintenue sous tension.
  6. Surcharger un circuit éclairage : au-delà de 8 points lumineux par circuit, scinder en deux circuits plutôt que de tout empiler derrière un seul disjoncteur.
Fiche chantier — va-et-vient et télérupteurÀ retenir
  • 2 points de commande → va-et-vient (2 interrupteurs, principe des 2 navettes, commun + 2 navettes).
  • 3 points → permutateur intercalé entre les 2 va-et-vient (4 bornes).
  • 4 points et plus / évolutif → télérupteur (bobine + contact, boutons poussoirs en parallèle).
  • Escalier / communs → minuterie temporisée ; dégagements / garage → détecteur de présence.
  • Télérupteur modulaire (tableau, ~20-45 €) en rénovation complète ; encastré (~25-50 €) pour un ajout ponctuel.
  • Section éclairage 1,5 mm², disjoncteur 10 A (16 A maximum), 8 points maximum par circuit.
  • Brancher la phase sur le commun (L), jamais sur une navette.

Va-et-vient, télérupteur ou détecteur : un électricien cale le bon montage

Choisir entre va-et-vient, permutateur et télérupteur dépend du nombre de points de commande et de l’évolutivité souhaitée — un mauvais choix se paie en câblage refait. Un électricien qualifié dimensionne le circuit éclairage (1,5 mm², disjoncteur 10 A), pose un télérupteur modulaire lisible au tableau, ajoute minuterie ou détecteur là où c’est utile, et garantit un montage conforme NF C 15-100 sous décennale.

Trouver un électricien pour vos circuits d’éclairage

Prochaines étapes

  • Refaire son installation électrique : le dossier complet — du diagnostic au raccordement.
  • Câbler son tableau, pas à pas — intégrer un télérupteur modulaire sur le rail.
  • Sections de câbles électriques — la section juste pour chaque circuit, dont l’éclairage en 1,5 mm².
  • Éclairage LED en rénovation — sources compatibles minuterie et détecteur.
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