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Refaire son installation électrique

Refaire son installation électrique
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Le schéma type d’une installation de maison : logique en arbre, schéma unifilaire, GTL, répartition sur différentiels et exemple concret T4.

Schéma type d’une installation électrique de maison

Une installation électrique de maison n’est pas un empilement de fils : c’est une arborescence qui part d’un point unique — le compteur Linky et le disjoncteur de branchement — et se ramifie jusqu’à la dernière prise. Comprendre ce schéma en arbre, c’est comprendre pourquoi le courant se coupe ici et pas là, comment on répartit les circuits sur plusieurs différentiels, et ce que représente la GTL au mur de votre entrée. Le document qui formalise tout cela s’appelle le schéma unifilaire : c’est la carte de l’installation, et l’électricien doit vous la remettre à la fin du chantier.

Règle d’or : le courant descend toujours dans le même ordre — disjoncteur de branchement (AGCP) → interrupteurs différentiels 30 mA en tête de rangée → disjoncteurs divisionnaires → circuits. Chaque circuit ne dépend que d’un seul différentiel et d’un seul disjoncteur : si cet ordre n’est pas respecté, la protection des personnes n’est plus garantie et le Consuel refuse l’installation.

La logique en arbre : de l’arrivée au circuit

Une installation domestique se lit du haut vers le bas, comme un arbre généalogique du courant. Chaque niveau a un rôle précis et protège le niveau inférieur.

  • Compteur Linky : il mesure la consommation et fixe la puissance souscrite (6, 9 ou 12 kVA en monophasé le plus souvent). Il ne protège pas l’installation, il la facture.
  • Disjoncteur de branchement (ou AGCP, Appareil Général de Commande et de Protection) : c’est l’organe de coupure général de tout le logement. Il est différentiel 500 mA (sélectif, type S), réglable en calibre (15/30/45/60 A) selon la puissance souscrite. Une seule manœuvre ici coupe toute la maison.
  • Interrupteurs différentiels 30 mA : placés en tête de chaque rangée du tableau, ils protègent les personnes contre l’électrocution. Chacun alimente un groupe de disjoncteurs.
  • Disjoncteurs divisionnaires : un par circuit, ils protègent les câbles contre la surcharge et le court-circuit (calibre 10, 16, 20 ou 32 A selon la section du fil).
  • Circuits : la dernière ramification — éclairage, prises, plaque, four, PAC… — qui alimente réellement les usages.

Cette structure explique le comportement en cas de défaut : une fuite de courant sur le lave-linge fait sauter son différentiel 30 mA (et donc seulement les circuits placés derrière lui), pas toute la maison. Un court-circuit dans une lampe fait sauter son disjoncteur divisionnaire. Et seul un défaut majeur, ou une coupure volontaire, agit sur le disjoncteur de branchement en amont.

NiveauOrganeProtègeSensibilité / calibre
1Compteur Linky(mesure seule)Puissance souscrite 6-12 kVA
2Disjoncteur de branchement (AGCP)Coupure générale + biensDifférentiel 500 mA sélectif, 15-60 A
3Interrupteur différentielPersonnes (électrocution)30 mA, calibre 40 ou 63 A
4Disjoncteur divisionnaireCâbles (surcharge / court-circuit)10 / 16 / 20 / 32 A
5CircuitUsage final—

Le schéma unifilaire : la carte de l’installation

Le schéma unifilaire est la représentation normalisée de l’installation, où chaque câble multiconducteur (phase + neutre + terre) est figuré par un seul trait — d’où son nom. C’est le document de référence, exigé à la mise en service et contrôlé par le Consuel.

Il se lit de haut en bas, en suivant l’arborescence : l’arrivée (AGCP) en haut, puis les différentiels, puis chaque disjoncteur avec, en regard, le circuit desservi, sa section de câble et son calibre. Sur un schéma correctement renseigné, on retrouve pour chaque départ :

  • le type et le calibre du différentiel de tête (AC, A, F, Hi…) — voir Différentiels 30 mA : types A, AC, F, Hi, B ;
  • le calibre du disjoncteur divisionnaire et la section du conducteur associé ;
  • le repère du circuit (éclairage séjour, prises cuisine, PAC…) ;
  • le régime de neutre (TT en habitat) et la prise de terre.

Ce schéma n’est pas un luxe administratif : il permet à n’importe quel électricien d’intervenir plus tard sans démonter le tableau pour comprendre, et il prouve la cohérence section / calibre que vérifie le Consuel — voir Sections de câbles électriques.

La GTL : le point de convergence

La GTL (Gaine Technique Logement) est l’emplacement réservé qui regroupe, au même endroit, l’arrivée et la distribution électriques du logement. Imposée par la NF C 15-100, elle évite la dispersion des organes de coupure et centralise tout ce qui doit rester accessible.

Elle abrite typiquement :

  • le disjoncteur de branchement (AGCP) ;
  • le tableau de répartition (le « tableau électrique ») avec différentiels et disjoncteurs — voir Tableau électrique : modules et dimensionnement ;
  • le coffret de communication (téléphone, box, réseau) ;
  • au moins deux socles de prise 16 A dédiés et un emplacement de réserve.

La GTL doit être située dans un volume accessible (souvent près de l’entrée ou dans un cellier) et non dans la salle de bain ni au-dessus d’un évier. C’est elle qui matérialise, physiquement, le « tronc » de l’arbre électrique.

Répartition par zones et équilibrage des différentiels

Un seul différentiel 30 mA ne peut pas protéger toute la maison : la NF C 15-100 impose de subdiviser l’installation sur plusieurs différentiels, à raison de 8 disjoncteurs maximum par différentiel (idéalement 6). Le but est double : limiter le nombre de circuits coupés par un défaut, et équilibrer la charge entre les rangées.

Quelques principes de bon sens guident cette répartition :

  • Ne pas regrouper l’éclairage et les prises d’une même pièce sous le même différentiel : si l’un saute, on garde la lumière pour intervenir.
  • Répartir les circuits d’un même étage sur deux différentiels différents plutôt que de tout concentrer.
  • Dédier un différentiel aux fonctions critiques (cuisine, PAC) qui tirent beaucoup ou génèrent des courants particuliers — voir Circuits spécialisés de la cuisine.
  • Équilibrer le nombre de circuits par différentiel pour ne pas se retrouver avec une rangée saturée et une autre presque vide.

Cette logique d’équilibrage est ce qui distingue un tableau « propre » d’un tableau monté à l’économie : techniquement, les deux fonctionnent, mais seul le premier limite vraiment l’impact d’un défaut au quotidien.

Exemple concret : schéma d’une maison T4

Voici la répartition type d’une maison T4 d’environ 90-100 m² chauffée par pompe à chaleur (PAC), avec une cuisine équipée et une salle de bain. Les calibres et sections sont donnés à titre indicatif — ils dépendent de la longueur des lignes et du matériel réellement posé.

CircuitDisjoncteurSection câbleDifférentiel de tête
Éclairage (séjour, chambres, couloir)10 A1,5 mm²Diff 1 — type AC 40 A
Prises séjour + chambres16 A1,5 mm² (8 prises)Diff 2 — type A 40 A
Prises complémentaires + bureau20 A2,5 mm² (12 prises)Diff 2 — type A 40 A
Cuisine — plaque de cuisson32 A6 mm²Diff 3 — type A 63 A
Cuisine — four20 A2,5 mm²Diff 3 — type A 63 A
Cuisine — lave-vaisselle + lave-linge20 A2,5 mm² (×2)Diff 3 — type A 63 A
PAC air-eau + ECS32 A6 mm²Diff 4 — type F 40 A
Salle de bain (SDB) — chauffe-serviette, VMC16 A1,5 mm²Diff 4 — type F 40 A

On lit l’équilibrage : l’éclairage et les prises sont séparés (diff 1 et 2), la cuisine est isolée sur un différentiel type A 63 A dédié à cause de la plaque, et la PAC est protégée par un type F adapté aux compresseurs inverter. La salle de bain réclame en plus une liaison équipotentielle et le respect des volumes — voir Mise à la terre et résistance. Ce schéma tient sur un tableau de 2 à 3 rangées, monté dans la GTL.

Erreurs fréquentes sur le schéma d’installation

  1. Inverser l’ordre des protections : brancher un disjoncteur en amont du différentiel. Le différentiel 30 mA doit toujours être en tête, le disjoncteur divisionnaire dessous. Ordre inverse = circuit non protégé contre l’électrocution + refus Consuel.
  2. Tout mettre sur un seul différentiel 30 mA : un défaut coupe alors toute la maison, et la NF C 15-100 (8 disjoncteurs maximum par différentiel) n’est pas respectée.
  3. Confondre disjoncteur de branchement (500 mA) et différentiels 30 mA : le 500 mA en tête protège les biens et ne suffit pas à protéger les personnes. Les 30 mA divisionnaires sont obligatoires en plus.
  4. Mélanger section et calibre : un disjoncteur 20 A sur du 1,5 mm² est dangereux (le fil chauffe avant que le disjoncteur ne coupe). Chaque calibre impose sa section minimale — voir Disjoncteurs et calibres.
  5. Schéma unifilaire absent ou non remis : sans ce document, le contrôle Consuel se complique et toute intervention future se fait à l’aveugle.
  6. GTL mal placée : une gaine technique inaccessible, ou installée dans un volume interdit, est un motif de non-conformité.
Fiche chantier — schéma d’installation électriqueÀ retenir
  • Arborescence : Linky → disjoncteur de branchement (AGCP, 500 mA) → différentiels 30 mA en tête → disjoncteurs divisionnaires → circuits.
  • Document de référence : le schéma unifilaire, exigé au Consuel, indiquant pour chaque départ le type de différentiel, le calibre du disjoncteur, la section du câble et le circuit desservi.
  • GTL : regroupe AGCP, tableau de répartition et coffret de communication, dans un volume accessible — jamais en salle de bain.
  • Différentiels : 8 disjoncteurs maximum par différentiel 30 mA, éclairage et prises séparés, fonctions lourdes (cuisine, PAC) sur différentiels dédiés.
  • Cohérence : à chaque calibre de disjoncteur correspond une section de câble minimale.
  • Documents remis : schéma unifilaire et étiquetage clair de chaque circuit sur le tableau.

Les documents remis en fin de chantier

Une installation conforme se reconnaît aussi à sa documentation. À la livraison, l’électricien doit fournir :

  • le schéma unifilaire à jour, reflétant exactement le tableau posé ;
  • l’étiquetage du tableau : chaque disjoncteur repéré par le circuit qu’il alimente (« prises chambre 1 », « four », « PAC »…), de façon lisible et durable ;
  • le PV de mise en service et, pour une installation neuve ou totalement rénovée, l’attestation Consuel — voir Consuel : l’attestation de conformité.

Sans schéma et sans étiquetage, on perd tout l’intérêt de l’arborescence : impossible de savoir d’un coup d’œil quel disjoncteur coupe quel usage. Ces deux documents sont la mémoire de l’installation — exigez-les, ils font partie de la prestation.

Schéma d’installation : un électricien qui conçoit l’arborescence dans les règles

Concevoir le schéma unifilaire, répartir les circuits sur les bons différentiels 30 mA, équilibrer les rangées et respecter l’ordre AGCP → différentiels → disjoncteurs : cette logique en arbre conditionne la sécurité des personnes et la conformité NF C 15-100. Un électricien Qualifelec dimensionne le tableau dans la GTL, garantit la cohérence section / calibre, remet le schéma et l’étiquetage, et délivre l’attestation Consuel sous garantie décennale.

Trouver un électricien pour concevoir l’installation

Prochaines étapes

  • Refaire son installation électrique : le dossier complet — du diagnostic au raccordement.
  • Câbler son tableau, pas à pas — réaliser concrètement l’arborescence décrite ici.
  • Tableau électrique : modules, marques, dimensionnement — choisir et remplir le tableau dans la GTL.
  • NF C 15-100 : la norme installation électrique habitat — le référentiel qui encadre tout le schéma.
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